Biométhane carburant, BioGNVLe biogaz est composé principalement de méthane (CH4 – 50 à 70%), de gaz carbonique (CO2 – 20 à 50%) et quelques traces d’autres gaz (ammoniac (NH3), diazote (N2), hydrogène sulfuré (H2S)).

Une fois le biogaz produit, on pourra le valoriser de la même manière que le gaz naturel :

  • la combustion dans une chaudière pour la production de chaleur,
  • la combustion du biogaz dans un moteur de cogénération pour l’injection d’électricité sur le réseau de distribution (ErDF) et la production de chaleur
  • l’injection du biogaz après traitement (épuration et odorisation) appelé biométhane sur le réseau de gaz de distribution (GrDF ou régie locale) ou de transport (GRTgaz),
  • l’épuration du biogaz pour la production du biométhane carburant.

Aussi, le dispositif réglementaire de soutien à la production de biogaz, composé d’un décret et de deux arrêtés, paru au Journal officiel du 28 février permet aux producteurs de biogaz de valoriser simultanément leur production sous forme d’électricité et sous forme de biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel, en leur accordant le double bénéfice des dispositifs de soutien existants pour la production d’électricité à partir de biogaz (tarif d’obligation d’achat) et pour la production de biométhane injecté (tarif d’achat garanti).

Quelques repères

Équivalences

1 m3 de biogaz 5 kWh

0,5 m3 de méthane

0,5 l de carburant

Effluents d’une vache 600 à 900 m3 de méthane
1 tonne de lisier 15 m3 de méthane
1 tonne de tonte de pelouse 120 m3 de méthane
1 tonne d’huile alimentaire usagée 700 m3 de méthane

Un projet de 100 kWe

Intrants Déjections de 100 vaches

500 t/an de déchets alimentaires

200 t/an de pelouse

Investissements 800 000 € à 1 000 000 €
Biogaz produit 340 000 m3/an
Électricité produite 620 000 kWh/an
Chaleur produite 980 000 kWh/an
Digestat 9 200 m3/an
Recettes 105 000 €/an

 A noter que la taille minimum pour engager un projet de méthanisation est environ de 30 voire 50 kWe en équivalence puissance électrique installée.

Et le digestat ?

Epandage du digestat méthanisationÀ la fin du processus de méthanisation, une partie de la matière organique a été transformée en biogaz et le reste des matières organiques et minérales (environ 80% en volume des intrants) constitue alors le digestat. Ce digestat correspond à un fertilisant organique comportant de nombreux avantages :

  • conservant les valeurs fertilisantes (éléments minéraux) des matières entrantes,
  • plus facilement assimilable par les cultures que les matières non digérées, réduisant ainsi les risques de lessivage,
  • débarrassé des germes pathogènes et des graines d’adventices,
  • et non odorant !

Ce digestat pourra alors :

  • être épandu en zone agricole avec un plan d’épandage,
  • être composté avec d’autres produits organiques (en vue d’une normalisation par exemple), > lien vers le site compostage
  • subir une séparation de phase entre liquide et solide pour être plus facilement exporté :
  • une fraction solide riche en matière organique et en élément phosphaté qui se gère comme un amendement
  • une fraction liquide contenant de l’azote ammoniacal et peu de matière organique, utilisable comme engrais liquide en remplacement des engrais minéraux azotés.

En attendant son utilisation, il est généralement stocké dans des fosses ou des dalles en béton.

On notera toutefois que toutes les matières non organiques entrantes se retrouvent en sortie ! Il sera donc indispensable de considérer la qualité des intrants pour le mode de valorisation du digestat et inversement. Le processus de méthanisation ne modifiant pas le statut réglementaire des produits entrants, le digestat devra répondre aux mêmes contraintes.

Lien(s) utile(s)

L’injection du biométhane, ADEME et GrDF

Commercialisation du compost, compostage en Provence-Alpes-Côte d’Azur